Outrance sur l’abeille

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Plus c’est gros et plus ça passe. L’article du site Reporterre du 23 avril 2022 sur le cas d’une surmortalité d’abeilles vaut le détour. On y apprend qu’un apiculteur, Mathias Picasse (à ne pas confondre avec Matthieu Pigasse), a perdu « 5 millions d’abeilles » qu’il a retrouvé mortes. Bien évidemment, c’est une estimation car on imagine bien que notre api n’a pas compté une à une ses butineuses sur le flanc. C’est d’ailleurs pour cela que dans la profession apicole, on ne parle pas du nombre d’abeilles, au risque de se décrédibiliser, mais bien de colonies. C’est d’ailleurs ce que fait ensuite l’interviewé du jour. «  En octobre dernier, 167 de ses 170 colonies ont été décimées. Soit 5 millions d’insectes pollinisateurs. « C’est comme si j’avais perdu 167 enfants ». »

Allons donc…

Et notre api poursuit dans l’outrance : « Si 5 millions de vaches avaient été empoisonnées, ça aurait fait les gros titres. »

Et pour le dessert, une dernière perle. Si les abeilles meurent, c’est à cause des vilains pesticides. D’ailleurs, « il y a une forte omerta parmi la profession ». Le recours systématique à « l’omerta » est trop facile. Quand on parle environnement, l’abeille est le sujet le plus médiatisé. Et avec elle, les pesticides. Les entreprises se sont jetées sur cette thématique pour soutenir ici des ruches, là des associations, là encore pour sponsoriser des syndicats apicoles…

Avis à Reporterre, c’est ce qui est excessif est insignifiant.

9 commentaires sur “Outrance sur l’abeille

  1. J’ai pondu un fil Twitter :

    https://twitter.com/SeppiWackes/status/1519957573994176512

    Je vais pondre un article plus détaillé.

    En bref:

    « Pour conclure à une intoxication au prosulfocarbe, il aurait fallu en trouver 0,080 mg/kg, précise Mathias Picasse », dit l’article?
    Non, c’est… +/- 80µg/abeille x 10.000 = 800mg/kg.
    Et ça, ça ne tue que la moitié des abeilles. »

    (L’abeille pèse entre 80 et 100 mg selon le premier site affiché par mon moteur de recherche).

  2. Une saison apicole se termine le 15 octobre.
    Le traitement varroa s’effectue début aout.
    L’année dernière il était impératif de nourrir les ruches de très bonne heure au vu de la météo défavorable pour les abeilles soit fin juillet en l’absence de parcelles de tournesol.
    Je suis étonné que cet apiculteur termine sa saison si tôt au risque de les perdre par famine en automne.

    1. Certain apiculteurs « avertis » ont même du commencer à alimenter leurs ruches dès le mois de juin du fait des décalages « naturels » de floraisons dans l’environnement.

  3. J’ai dû donner une double ration de sirop par rapport à une année normale à nos 600 ruches en septembre.

  4. Cette année un bon nombre d’apiculteurs mentionnent des pertes importantes dans certains ruchers allant jusqu’à 95% des ruches alors que d’autres ruchers restent dans une moyenne normale des pertes
    Ex : rucher école de Sarrebourg 100%de pertes
    Certains laboratoires apicoles ( Jura ) font état de cette dépopulation qui serait causée par un variant d’un virus lié a varroa le DWV
    https://cari.be/medias/abcie_articles/166_patho.pdf
    D’autre part les souches prolifiques tel que l’abeille Buckfast largement présente en France semblent plus sensibles aux virus liés à varroa

    1. A quelques km de ce rucher école de Sarrebourg (57 ) la ruche témoin posée une balance connectée d’un de nos rucher ( Haut Clocher ) indique un poids a ce jour de 130 kg.

  5. Malheureusement très peu d’apiculteurs font analyser leurs abeilles coté pathologies.
    Il est plus facile d’incriminer systématiquement les produits phytosanitaires

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