20 commentaires sur “Yves Miserey , la vie d’un martinet vaut-elle plus que celle d’un enfant ?

  1. Je veux bien croire que l’usage du DDT a réduit les populations de coléoptère au Canada et que ça se voit dans les déjections analysées dans la cheminée. Mais comment expliquer que l’utilisation du DDT dans les pays de l’hémisphère sud puisse changer le régime alimentaire des martinets canadien? Je veux bien admettre qu’ils migrent, mais ils ne retourne pas au Canada pour déféquer.

  2. La question posée est une bonne question cependant l’article d’ Yves Miserey n’en est pas moins un excellent article, très propre, très professionnel, comme ce que propose généralement ce journaliste.
    Quelle est la conclusion:
    « Les débris d’insectes révèlent un changement radical dans le régime alimentaire des martinets. Les ressources en coléoptères diminuent avec l’apparition du DDT au profit des punaises, puis redeviennent plus abondantes après l’interdiction de l’insecticide en 1970. Mais elles décroissent à nouveau dans les années 1980, le pesticide étant encore utilisé dans les pays du Sud. «Les pulvérisations de DDT ont décimé les coléoptères et complètement modifié la structure des populations d’insectes autour des années 1960», concluent les chercheurs. »
    Que signifie ce constat factuel:
    1- Le DDT est très efficace sur les coléoptères, insectes, principal support trophique de l’espèce de martinets étudiée.
    2- l’épandage de DDT a été généralisée dans la période en question, moins cher que les autres insecticides, surtout moins dangereux pour les applicateurs que les organophosphorés et les carbamates qui remplaceront le DDT en agriculture.
    3- Généralisé sur une large zone, il a logiquement fait régresser les prédateurs des coléoptères dont le nombre diminuait, comme l’a fait la destruction des moustiques dans les zones du littoral méditerranéen, Grande Motte, Fos sur mer…., et a très vraisemblablement impacté la faune prédatrice des moustiques trop dépendante d’une ou quelques espèces des cibles des insecticides.
    On notera aussi que le DDT est l’insecticide de la libération de l’Europe largement utilisé contre les poux qui transmettaient le typhus aux soldats américains pendant la campagne d’Italie, pour lutter contre les vecteurs du paludisme pendant la campagne du pacifique aussi.
    Largement utilisé sur les soldats prisonniers en Allemagne, mais aussi les détenus de camps de concentration. Un symbole fort de leur libération, libération de l’oppression Nazie, comme la jeep pour se déplacer. DDT arme contre les poux suceurs de sang. Les Nazis gazaient les prisonniers avec des organophosphorés, le DDT étant quasiment sans danger pour l’Homme.
    S’attaquer au DDT comme l’a fait Rachel Carson, c’est remettre en question l’élan de liberté qui a accompagné les années 1944-1945.
    Indépendamment de cela et selon http://www.quebecoiseaux.org/index.php?option=com_collector&view=item&id=2%3Asuivi-des-especes-en-peril&Itemid=203&item=22%3Amartinet-ramoneur&lang=fr
    La principale préoccupation et cause de réduction de l’espèce en question est une problématique d’habitats et de normes:
    « Les nouvelles normes de construction et de sécurité impliquent l’installation d’un chemisage en métal à l’intérieur de la cheminée lors de leur restauration. Ce type de revêtement ne convient pas aux martinets car la surface lisse du métal ne permet pas aux martinets de s’agripper aux parois. De plus, le diamètre des cheminées en métal est généralement trop petit pour les besoins de l’espèce. Il est souvent exigé de procéder à l’installation d’un pare-étincelles et d’un chapeau pour éliminer les infiltrations d’eau à l’intérieur des cheminées. Ainsi modifiées, ces cheminées deviennent inutilisables par le martinet. Avec la popularité croissante du chauffage à l’électricité, peu de nouvelles cheminées propices au martinet sont construites. Le ramonage des cheminées durant la période où l’espèce les occupe au Québec est également néfaste. Cette opération de nettoyage en période de nidification du martinet détruit le nid et la nichée et incite les oiseaux nicheurs a abandonné les lieux. »
    Si l’on en juge par ce site professionnel, ce ne serait plus les insecticides désormais utilisés de façon moindre et ciblée depuis une trentaine d’année, après l’époque des épandages massifs des années 60 contre les insectes dangereux pour l’agriculture mais aussi vecteurs de maladies pour les hommes mais maintenant la normalisation et des choix dans l’aménagement des habitations. Donc les urbains en majorité les bobos qui sont responsables de la régression des martinets.
    Cette mise au point manque dans l’article d’Yves Miserey.
    Nous ne doutons pas qu’il fera un nouvel article, complément à son premier article pour le préciser.

  3. « Les Nazis gazaient les prisonniers avec des organophosphorés »

    Non, le gaz utilisé était le zyklon B qui de l’acide cyanhydrique.

  4. « Donc les urbains en majorité les bobos »

    Ne trouvez-vous que vous généralisez un?

    1. Oui, Alzine généralise trop. Les bobos sont certes beaucoup dans les villes, mais surtout dans les hypercentres, comme le Marais à Paris. Mais enfin, même ça, c’est une simplification, car à la Goutte d’or, qui n’est pas beaucoup plus loin du centre de Paris que le Marais, c’est quand même un peu différent !

      Ceci dit, si nos responsables politiques niaient un peu moins le vécu des populations du péri-urbain, la Marine nationale aurait beaucoup moins de succès.

  5. @ Zygomar,

    Effectivement Tabun et Sarin bien que produits aussi par IG Farben ne furent pas utilisés dans les chambres à gaz dans cette sinistre entreprise où périrent tant d’Humains. Leur découverte reste cependant attachée à l’industrie chimique belliqueuse des années 35-40.

    Quid de l’entreprise de normalisation sur les espèces animales et la biodiversité? comme sur les PME et les entreprises qui ont des ressources humaines limitées, les martinets ne sont pas les seuls à mourrir à cause de l’excès de normes.

  6. J’

    Ce serait bien que ces mêmes scientifiques publient une étude sur les effets de l’interdiction du DDT sur la mortalité humaine imputable au paludisme. Sans doute un million de morts par an, essentiellement des enfants.

    Allo ! Allo ! Monsieur Miserey, vous m’entendez ?

    1. J ai mis en lien dans des post précedents une étude sur les effets de la lutte abri palu à la Réunion au début des années 50. On est passé de 33% de la mortatilé due au palu à 3% en 6 ans soit 3 campagnes de lutte.

  7. J’ai mis un commentaire sur cet article du Figaro. Il a été publié.

    Sa teneur est la suivante :

    Ce serait bien que ces mêmes scientifiques publient une étude sur les effets de l’interdiction du DDT sur la mortalité humaine imputable au paludisme. Sans doute un million de morts par an, essentiellement des enfants.

    Allo ! Allo ! Monsieur Miserey, vous m’entendez ?

  8. @ Laurent Berthod

    Le blog d’alerte environnement est assez lu, en témoigne certains liens qui grillent juste après leur utilisation sur le site si la caricature est trop frappante.

    Si ce n’est le journaliste, un autre reprendra, demain ou dans 5 ans.

    Cela dit , entre être lu et être compris, la distance est significative.

    Généraliser, certes, dans tous les cas forcer le trait, c’est une méthode. Chacun la sienne.

    Pas le temps d’aller ferailler sur différents sites.

  9. Je me demande si cette étude n’est pas surinterprétée (comme d’habitude dès lors que l’on peut accuser un pesticide…) – les maudites coïncidences et corrélations comme d’habitude.

    Je n’ai pas lu le texte de l’article scientifique, apparemment non disponible sur la toile. Mais je n’ai pas lu non plus dans les maigres ressources disponibles sur la toile que du DDT a été massivement épandu dans la région de Kingston.

    1. « Pas besoin de DDT ».
      A ce compte, pas besoin de tracteur pour retourner la terre, un piolet suffit. Et puis tant qu’on y est, pourquoi un piolet quand les doigts font très bien l’affaire.

      1. Aucun pesticide n’a réussi a éliminer totalement un insecte. La lutte par saturation de mâle stérilisant a réussi avec la mouche bouchère dans de nombreux pays. Il n’y a aucune raison que cela ne marche pas.

  10. A Karg et Minitax,

    La lutte contre la lucilie bouchère est un cas d’espèce, la même méthode utilisée contre la mouche méditerranéenne des fruits a marché dans un premier temps en Floride mais sans jamais totalement éradiquer l’espèce.

    En outre, il est probable que des lâchers réguliers de mâles stériles soient nécessaires pour maintenir proche de 0 les populations résiduelles indétectables.

    Lâchers de males stériles et DDT dans les habitations peuvent être complémentaires dans le cadre d’une lutte qui ne serait efficace qu’à 90%, comme DDT sur les murs et moustiquaires imprégnées de permethrine sont complémentaires actuellement.

    @ Wackes Seppi :

    Je posais précédemment l’hypothèse d’utilisation massive de DDT comme cela était courant dans les années 60 et avait conduit à l’éradication des anophèles et de la malaria en Corse, dans la plaine du Pô mais avait peu participé à ce succès en France.
    Dans l’hexagone, les moustiques toujours présents en portaient plus le protozoaire à partir du début du XXème siècle, drainage et prise systématique de quinine ayant fait le travail avant l’utilisation de l’insecticide.

    Le modèle d’impact sur les prédateurs via la raréfaction des proies n’en est pas moins un modèle pertinent, même si dans le cas présent les liens peuvent être moins évidents.
    Comme le faisait à juste titre remarquer Karg, la mise en cause de l’utilisation du DDT dans les pays du sud ????

    Ce soir; il n’est pas inintéressant de visionner
    La maladie de Lyme sur Arte à 22 :35
    (Allemagne, 2012, 52mn)
    Réalisateur: Patrick Hünerfeld
    Que l’on va commenter car le déni en la matière est effroyable.
    Il s’agit d’un risque naturel nié par la presse bobo. Il n’est pas inintéressant de discuter avec des anciens malades de la maladie mal diagnostiqués qui ont vu leur vie changer en positif avec le traitement antibiotique.
    Les 1 millions de personnes atteintes en Allemagne et le nombre plus faible en France s’expliquent pas le fait que la moitié des malades en France vivent en Alsace, l’épizootie concernant davantage l’est de la France. La découverte récente de l’agent infectieux aussi fin des années 70 et début des années 80.
    Beugler à tord ou à raison sur les pesticides et autres contaminants anthropique , normal pour Télérama.
    Traiter d’un risque naturel majeur, que justement la technologie ( antibiotiques en curatif et insecticide sur les vêtements en préventif ) combat: c’est de l’hypochondrie.
    Rien de surprenant dans cet hebdo de désinformation télévisuelle!

  11. En complément :

    http://www.bag.admin.ch/themen/medizin/00682/00684/06330/index.html?lang=fr

    « Prévention
    Il existe un vaccin sûr et très efficace pour se protéger de la FSME. Celui-ci est recommandé à toutes les personnes, généralement dès l’âge de 6 ans, qui habitent ou séjournent temporairement dans des régions comportant des foyers naturels (zones d’endémie, voir aussi publications correspondantes). Il n’y a pas de vaccin contre la borréliose de Lyme. Comme mesure de protection contres les tiques, il est essentiel de porter des vêtements couvrant la peau et fermant bien, et d’éviter les sous-bois. Les produits répulsifs pour la peau et les insecticides sont utiles, surtout pour les enfants. »

    http://www.sginf.ch/ssi-home/guidelines/documents/lymepaper-3f.pdf

    « Des produits répulsifs contentant du DEET (N,N-diéthyl-m-toluamide) ou de
    l’EBAAP (éthyl-butylacétylaminopropionate), ont fait l’objet d’études en Suisse
    chez des personnes pratiquant la course d’orientation ainsi que chez des forestiers
    : l’efficacité a été d’environ 40%, et elle était maximale dans les deux premières
    heures suivant l’application.1 L’American Academy of Pediatrics recommande de
    renouveler l’application toutes les une à deux heures. Ceci est toutefois problématique
    pour le visage et les mains, pour des raisons de toxicité éventuelle, en
    particulier chez les enfants.2 L’imprégnation des vêtements à la perméthrine constitue
    une prévention efficace, néanmoins coûteuse, et réaliste uniquement lors
    d’expositions répétées avec les mêmes vêtements. »

    Mais sur wikipédia on trouve seulement

    « -pulvérisation de répulsifs à tiques dans les zones à risque (insectifuge contenant 20 % – 30 % de DEET (N, N-diéthyl-m-toluamide) à pulvériser sur la peau exposée et les vêtements) ;

    – dans quelques cas l’utilisation préventive d’acaricide a été proposée, mais avec le risque d’induire une sélection de tiques résistantes à ces insecticides et d’intoxiquer les enfants qui jouent sur les sites ainsi traités ou les animaux qui s’y nourriront.  »

    Qui décrit la façon dont les écolos manipulent l’information sur le web, très actifs sur Wikipédia.

    1) Il n’est fait référence qu’à un acaricide qui est de fait le même insecticide que pour les moustiques vecteurs de malaria: permethrine mais qui pourrait être n’importe quel autre pyrèthrinoide efficace et pas trop « excitant » pour les terminaisons nerveuses.

    2) ce qui est souligné est le risque de résistance pas l’efficacité et un moyen d’éviter l’utilisation répétée de DEET pas si neutre que cela selon les autorités sanitaires, compétentes, elles!

    On comprend alors que le sujet de la borréliose « gratte sérieux  » le monde des ONG vertes et de leur militants, surtout dans une dynamique d’augmentation des cas signalés.

    On notera aussi quelques officines qui ont cherché à faire du commerce avec des solutions vertes, huiles essentielles …. avec une réaction des autorités.

    Officines qui brouillent le message clair sur l’existence de ce risque très naturel, auquel la science et sa déclinaison en technologies ont permis:

    – Un mise en évidence: agent infectieux et vecteur.
    – des conduites pour prévenir le risque : vêtements longs + répulsif sur la peau + insecticide sur les vêtements ( le même que pour les moustiques vecteurs de l’agent du paludisme) + repérage des tiques qui se seraient, malgré les précautions, accrochés et extraction correcte.
    – un repérage des symptômes systématique dans les zones à risque.
    – un traitement curatif avec des antibiotiques si la prévention n’a pas suffit.

    Il ne me parait pas que ce sujet soit une digression par rapport au titre de ce post :
    insecticide et maladie transmis à l’homme par un vecteur insecte. C’est un autre modèle toujours valable pour les pays du nord comme le paludisme l’est pour les pays du sud.

    Dans le nord ( en Europe notamment) , le DDT a largement contribué à faire que le paludisme ne soit plus un problème, exception faite de l’hexagone où la maladie ( l’agent infectieux) avait été éradiquée avant l’utilisation du DDT . Toutefois le vecteur anophèle était toujours présent, vecteur éradiqué depuis grâce au DDT. Ce qui a limité les cas de paludisme indigène avec les mouvements de populations venant du sud porteuses du plasmodium par la suite .

    On fera le rapprochement avec les deux cas de dengue et les deux cas de chykungunya dans le sud de la France au cours de l’été 2010, on imagine si les anophèles étaient toujours actifs sur le territoire avec le nombre de porteurs de plasmodium.

    1. Pour réagir à la fin de votre post: facile d imaginer l impact du chickungunia sur une population saine, il suffit de regarder l effet du chick à la Réunion. 300 000 cas et 200 morts en 1 an… Sans. Compter les très nombreux arrêts de travail.

  12. Vu le reportage, excellent et clair, de la très bonne information sur une escroquerie médicale construite en marge de la science et de la médecine officielle en Allemagne.
    On ne retrouve par la controverse que décrit Télérama mais seulement la mise à plat d’un système de génération de peurs infondées sur des cas de borrélioses chroniques pour ensuite « traire » les patients. Le journaliste est clair, sans nuance, donne la parole à la médecine officielle. Il appuie cette position tout en décortiquant le processus de superstition pseudo scientifique qui conduit les malades à se laisser traire. Les malades ne sont pas hypochondriaques mais abusés, trompés.
    Un système ressemblant étrangement à celui des ONG et des médecines parallèles mais ici organisé par des médecins en marge du système officiel et utilisant des antibiotiques au lieu des huiles essentielles de la médecine parallèle.
    Les Allemands sont dans ce cas moins ésotériques mais les antibiotiques, consommés sans nécessité, restent des substances dangereuses.
    On comprend la gêne de Télérama face à ce reportage qui renvoie à l’image de système écolobobo que la revue encense à longueur d’articles. C’est celui qui joue sur les peurs infondées et s’oppose à la science médicale officielle qui est ici confondu.

  13. Pour info.

    Je viens de recevoir le dernier bouquin de l’OMS (IPCS)/ Environmental Health Criteria n° 241:

    DDT in indoor residual spraying. Human health aspects.

    Pas encore lu.

Les commentaires sont fermés.