Justice complaisante : les faucheurs volontaires s’engouffrent dans la brèche

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Après la bassine pourtant respectueuse de l’environnement vandalisée (et les gendarmes blessés qui vont avec), les semences de tournesol détruites par les faucheurs volontaires…

« De 14 h à 15 h, vite fait bien fait » : les faucheurs sont si certains de n’être pas inquiétés (ou si peu) par les autorités qu’ils reconnaissent tranquillement sur leur page Facebook leur destruction réalisée ce mercredi 10 novembre, sur un site du semensier RAGT à Calmont, « à 20 km au sud de Rodez », en Aveyron.

Des faits confirmés par RAGT Semences qui évoque « 80 Faucheurs » ayant anéanti « des milliers de doses de semences de tournesol ». Le 19 août dernier, ces derniers avaient déjà détruit à Ambeyrac (Aveyron) « une parcelle de semences de tournesols VrTH (Variété rendue Tolérante aux Herbicides) ». « Cette graine a été récoltée début octobre et acheminée jusqu’au site (…) de Calmont », poursuit le communiqué daté du 10 novembre. En clair, les faucheurs Volontaires voulaient finir le « travail » débuté au mois d’août dans l’Ouest Aveyron, jugeant ces graines dangereuses pour la santé comme pour la biodiversité et illégales au regard des « injonctions du Conseil d’État » et de la Cour de justice de l’UE sur l’interdiction de mise sur le marché de ce type de semences OGM. Car selon eux, ce sont le gouvernement, l’État, le semancier qui seraient hors-la-loi

Faux, répond RAGT, qui condamne cette « nouvelle agression caractérisée » et rappelle « qu’il y a à peine quelques heures, le Conseil d’État renvoyait le dossier de la mutagénèse à la Cour européenne de Justice en lui demandant de trancher le débat ». « Ce que nous faisons est totalement légal, martèle Laurent Guerreiro, le directeur général de RAGT Semences dans un communiqué (…) Pour des raisons qui nous échappent totalement, ces individus se plaisent à être des marchands de peur. » D’autant plus qu’ils ne sont pas vraiment inquiétés. En France, s’autoproclamer « écolo » vous autorise tout :

Les faucheurs volontaires n’ont rien à faire dans les champs. C’est devant les tribunaux qu’ils doivent être convoqués, pour être sanctionnés comme doivent l’être tous les individus qui portent atteinte aux biens d’autrui :

5 commentaires sur “Justice complaisante : les faucheurs volontaires s’engouffrent dans la brèche

  1. D’accord pour condamner les actions violentes des militants, bien sûr. Mais doit-on accepter la création de plantes « résistantes aux herbicides »? Car le corps animal, que ce soit celui des oiseaux ou le nôtre, lui, n’est PAS résistant aux herbicides qui sont toxiques. Et impactent la biodiversité, polluent les nappes phréatiques…
    Ces actions violentes sont évidemment le fruit de mouvements organisés qui travaillent pour leur compte politique, idéologique, qui est prioritaire par rapport aux causes invoquées. On est clairement dans le marketing de la peur pour la peur, qui rapporte de l’argent de la part d’un public angoissé. La preuve en est qu’ils mettent dans le même panier tous les OGM, en faisant peur uniquement sur l’aspect  » modification génétique » en mode Jekyll et Mister Hyde.
    Mais si l’on est contre ces OGM qui permettent de répandre plus d’herbicides dans la nature, de mettre en danger la biodiversité, que peut-on faire d’autre pour l’empêcher? Question en suspens…

    1. Votre contribution (vos deux?) témoigne d’une formidable méconnaissance du dossier. Ce n’est pas un reproche, mais un constat, lui-même reposant sur le fait que l’opinion publique subit un extraordinaire matraquage.

      Non, les plantes ne sont pas « résistantes aux herbicides », mais à un herbicide (ou une classe d’herbicides).

      Elles le sont naturellement — on parle alors d’herbicides « sélectifs » — de manière innée ou acquise. Comment acquise? Par des mutations qui peuvent être naturelles (spontanées) ou provoquées (la fameuse « mutagenèse »), ou encore par génie génétique (transgenèse dans le cas des variétés de plantes cultivées tolérant le glyphosate, édition du génome sans doute à l’avenir).

      De quoi parle-t-on ici? de colza et de tournesol qui, normalement, sont sensibles à deux classes d’herbicides, lesquels sont sélectifs pour d’autres espèces cultivées. Ces colzas et tournesols ont pu acquérir leur résistance (ou tolérance, terme normalement utilisé, mais cela ne change rien au fond) par mutation spontanée ou provoquée, et dans ce dernier cas in vivo (notamment sur des semences) ou in vitro (sur des cultures de cellules).

      Il n’y a, en principe, strictement aucune différence entre une tolérance acquise par mutation spontanée ou par mutation provoquée. C’est aussi le cas en pratique lorsque, sur le plan génétique, les mutations sont identiques.

      Les opposants aux « variétés rendues tolérantes aux herbicides » leur font un mauvais procès et le savent. Leur but est socio-politique : la critique et le rejet de notre système économique, et en particulier agricole, actuel. Vous l’avez du reste relevé.

      L’intérêt de ces variétés est évident: si elles existent et qu’elles sont diffusées, achetées par des agriculteurs, c’est que ceux-ci y trouvent un intérêt.

      De manière simplifiée, la tolérance aux sulfonylurées et aux imidazolinones ajoute un élément dans la boîte à outils des producteurs, ce qui permet par exemple de varier les herbicides utilisés et prévenir ainsi l’apparition de résistances dans la flore adventice, et surtout de combattre des mauvaise herbes pour lesquelles nous n’avons pas de solutions, ou de solutions réellement efficaces, aujourd’hui. Cela inclut l’orobanche, une plante parasite et l’ambroisie, un énorme problème de santé publique dans certaines régions du fait de son pouvoir allergène.

      Contrairement à ce que vous semblez croire (cf. « Maryse B.) — sous le coup d’une propagande martelée de manière répétitive — il ne s’agit pas de « répandre plus d’herbicides dans la nature », mais d’en substituer un à un autre (ou plusieurs autres) et de rendre l’itinéraire technique de production plus efficace, et aussi plus écologique.

      Là aussi, cela défie l’opinion dite publique, intoxiquée par la désinformation.

      Toutes les substances chimiques ou presque (même l’oxygène que nous respirons et l’eau que nous buvons) sont toxiques. L’important, c’est la dose. Les herbicides sont toxiques. Ceux dont on parle ici ne le sont pas, aux doses utilisées, pour les animaux car leur mode de fonctionnement porte sur une enzyme et une voie métabolique qui n’existe pas chez eux.

      Pour les autres impacts allégués, en particulier la « pollution des nappes phréatiques », je n’ai pas de réponse documentée toute prête. Mais vous pensez bien — ou devriez le faire — que si les herbicides en cause sont autorisés — j’insiste : au départ pour les cultures pour lesquelles ils étaient sélectifs à l’origine et maintenant pour les variétés de colza et de tournesol pour lesquels ils sont aussi sélectifs –, c’est que leur profil toxicologique et écotoxicologique est bon, ou du moins acceptable.

      J’ajouterai ici que si le monde pharmaceutique devait être régi par les règles que l’hystérie militante tente d’imposer au monde agricole, il n’y aurait pas beaucoup de médicaments, ni de produits que l’on pourrait appeler de confort. Vous voyez sans doute à quoi je pense, notamment.

      Vous posez une question in fine. Il y a une autre réponse que vous n’avez pas envisagée : que les OGM tolérant à certains herbicides — notamment le « controversé » glyphosate — sont une excellente pour une « agriculture plus écologique » (cf. « Maryse B. »

      Vous en trouverez une démonstration — y compris par une image saisissante d’un arrière de pick-up –par exemple sur mon blog à :

      https://seppi.over-blog.com/2016/05/betterave-a-sucre-gm-aux-usa-l-avenir-est-il-dans-le-passe.html

      Je ne suis que le traducteur du billet. Andrew Kniss est un des grands pontes de la malherbologie.

  2. La violence est toujours condamnable, et le combat des « faucheurs » n’est pas tant la protection de la nature qu’une haine irraisonnée et obsessionnelle de l’ « OGM » vu comme un monstre de science-fiction.
    Faire parler d’eux en affolant la population et en suscitant le conflit leur permet de faire du business de leur idéologie.
    Mais ces faits ne doivent pas cacher le problème de fond: des plantes qui sont sélectionnées pour pouvoir répandre plus d’herbicides dans la nature, est-ce la solution? Ni nos organismes, ni l’environnement, ni les oiseaux, ni la biodiversité ne sont, eux, résistants aux produits chimiques toxiques contenus dans ces herbicides.
    Alors, que fait-on? Ne serait-il pas plutôt intelligent de promouvoir une agriculture plus écologique?

    1. « des plantes qui sont sélectionnées pour pouvoir répandre plus d’herbicides dans la nature, est-ce la solution? »

      Pardon, pourriez vous préciser d’où viennent de telles affirmations?
      Parce que je ne vois pas l’intérêt pour un agriculteur d’utiliser de telles semences, si c’est de devoir être « obligé » d’utiliser plus de produits phytos… à moins d’avoir potentiellement, beaucoup de rendement, ce qui est très aléatoire.
      Je sais que certains prennent les agris pour des débiles mais quand même…

  3. Tient, il y deux trolls qui viennent de poster là même « phrase » vide de sens et e connaissances scientifiques…
    Pfff.
    Je suis partager entre l’envie de répondre scientifiquement à leurs assertions et l’envie de ne pas nourrir les trolls !!

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